Discours de la Célébration de l’Indépendance

Chargé d’Affaires Katherine Brucker pendant son discours

Discours de la Célébration de l’Indépendance
Chargé d’Affaires Katherine Brucker
Abidjan, Côte d’Ivoire
3 juillet 2019

Monsieur le Vice Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres et membres du Gouvernement,
Chers Membres du Corps Diplomatique,
Chers Amis des Etats-Unis,

C’est un plaisir d’accueillir autant d’amis ici aujourd’hui alors que nous célébrons le 243ème anniversaire de l’indépendance américaine.  C’est particulièrement agréable de voir nos collègues britanniques ici, ce qui prouve une fois de plus que de bonnes relations peuvent exister entre les puissances coloniales et leurs anciens sujets.

Depuis que les rebelles américains ont rompu avec l’Angleterre, on a beaucoup parlé de ce que signifie être Américain.  Certes, les Pèlerins qui sont venus en Amérique du Nord dans les années 1600 étaient Américains par choix; ils ont quitté l’Europe et leur Européanité pour une nouvelle vie dans le nouveau monde.

Notre Constitution accorde (à quelques exceptions près) la citoyenneté aux personnes nées sur le sol américain, mais être né aux États-Unis ne suffit pas pour conférer la citoyenneté à ses enfants.  Pour ce faire, les citoyens américains doivent passer une période de temps considérable aux États-Unis.

Pourquoi est-ce le cas ?

C’est parce qu’être Américain a beaucoup plus à voir avec nos valeurs, nos idéaux et nos expériences communes – tout, de notre système éducatif à notre histoire et nos héros, en passant par notre culture et nos jours fériés.  En effet, beaucoup d’immigrants récents ont plus d’expérience dans ces domaines — ils sont «plus Américains» — que certains Américains qui obtiennent leur citoyenneté de naissance mais vivent ailleurs dans le monde.  Votre apparence et votre nom ne vous rendent ni plus, ni moins Américain.  En effet, en regardant les visages dans la foule ce soir, chacun d’entre vous pourrait être un Américain.

Quant aux noms, essayons quelque chose.  S’il vous plaît, levez la main et baissez la lorsque vous entendez un nom qui n’est pas américain:  Smith, Jones, Turner, McCarthy, Greenwald, Chung, LeBlanc, Lenoir, Canenguez, Desgranges, Diop…  D’accord, tous ceux d’entre vous qui ont baissé leurs mains, vous avez récusé la citoyenneté d’un de mes collègues diplomates américains!

Nous sommes fiers d’être une nation d’immigrants.  Et, malgré les débats récents sur l’immigration, nous offrons la citoyenneté à des citoyens de tous les pays qui souhaitent embrasser les idéaux qui fondent les États-Unis, et tout ce que cela représente.  Pour moi, c’est un honneur que les citoyens d’autres pays veuillent devenir citoyens des États-Unis.  Nous nous félicitons de la diversité qu’ils apportent et la considérons comme un atout pour notre société.

Américaine de troisième génération, je viens d’une famille d’immigrants européens traditionnels.  Mon arrière-grand-père paternel a quitté la France dans les années 1880 et s’est rendu jusqu’à Saint-Louis, dans le Missouri, où il a rencontré et épousé une Suisse de Neuchâtel.  Bien que j’aie rencontré beaucoup de mes proches parents Européens, d’autres Américains qui n’ont jamais rencontré leurs ancêtres étrangers sont tout aussi fiers d’être Américains d’origine Polonaise, Italo-Américaine, Germano-Américaine, etc.

Qu’est-ce qui a poussé mon arrière-grand-père à devenir Américain?  Il était en quête d’une vie meilleure et cherchait à en avoir une aux États-Unis.  Contribuer à la société et embrasser la culture américaine.  Mais devenir Américain ne signifiait pas se débarrasser de sa Francité, même s’il possédait un nouveau passeport.  Plusieurs de nos traditions familiales et recettes préférées reflètent nos racines d’immigrant.

La nourriture que nous servons ce soir est une cuisine américaine typique:  hamburgers et cheeseburgers, hot dogs, guacamole et salsa; mais probablement, seuls les galettes et les cookies aux pépites de chocolat sont de véritables inventions américaines!

Beaucoup d’entre vous connaissent la fête de Thanksgiving, et les chanceux parmi vous ont eu l’opportunité d’en faire l’expérience.

Le premier Thanksgiving, selon la légende, comportait probablement beaucoup plus de remerciements que ce qui se fait de nos jours:  les Pèlerins avaient survécu à une terrible année et avaient la chance d’être en vie.  Grâce à leur amitié avec les Amérindiens, ils apprenaient à faire face à ce nouveau monde étrange.  Reflétant les plats de l’époque, les repas traditionnels de Thanksgiving sont composés de dinde, de maïs, de pommes de terre, de pain (préparé comme farce), de canneberges et de tourte à la citrouille.

En célébrant le Thanksgiving, nous célébrons en réalité notre diversité.  La dinde et les plats d’accompagnement traditionnels trouvent leur place à chaque table, mais la façon dont ils sont préparés en dit long sur notre origine.  Dans l’Atlantique Nord-Est, la dinde est souvent farcie de palourdes et de moules.  En Louisiane, ils font frire la dinde (je ne plaisante pas); dans le sud-ouest des États-Unis, l’influence de l’Amérique latine est évidente avec les salsas et les tortillas qui font partie du repas.  Un ami Allemand n’a eu aucune difficulté à reconnaître que la recette de sauce aux canneberges de ma grand-mère semblait être une variante d’une compote de fruits typiquement allemande.

Etant donné que le Thanksgiving peut être personnalisé, tout le monde le célèbre avec joie.  C’est le jour de l’année où vers 16 heures, il n’y a personne dehors; tout le monde reste chez soi en train de finir son repas ou attend de commencer un repas.

Et ce n’est pas que de la nourriture qui reflète cette diversité.  Beaucoup d’autres choses que nous considérons comme typiquement américaines — comme le baseball, d’origine anglaise, ou le blue jean (bleu de Gênes) nom donné par deux frères suisses — sont en réalité venus d’ailleurs.

Alors, qu’est-ce qui fait de nous tous des citoyens de notre pays ou de n’importe quel pays?  Soyons honnêtes, un passeport est un document administratif dont tout le monde a besoin — ou qu’il doit pouvoir se procurer.  Être Américain — ou de toute autre nationalité — est davantage lié aux valeurs, à la culture et à la loyauté – voire au patriotisme – qu’au lieu de naissance d’une personne ou de ses parents.  En effet, il n’est pas nécessaire d’être citoyen américain pour servir dans nos forces armées, mais nous montrons un chemin d’accès à la citoyenneté aux étrangers qui le souhaitent.

Pour terminer, je voudrais juste dire qu’en tant que citoyens du monde, nous ne devrions pas être liés par une vision étroite de la nationalité, mais nous devons plutôt embrasser la diversité et la richesse que les gens de toutes les origines apportent à nos pays.

Avant de conclure mon propos, j’aimerais remercie nos sponsors :  Burger King, Kosmos Energy, Mars, Coca-Cola, Belife Insurance, Jighi, Visa, Lassire Industries, and Aysa BTP.