Célébration du 4 juillet à l’Ambassade des États-Unis. Discours du Chargé d’Affaires Andrew Haviland

Le Chargé d’Affaires Andrew Haviland pendant son discours en pésence du Vice-président Daniel Kablan Duncan et du Minstre des sports et loisirs François AMICHIA

Célébration du 4 juillet à l’Ambassade des États-Unis, Abidjan
Discours du Chargé d’Affaires Andrew Haviland
Prononcé le 3 juillet 2017

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,
Mesdames et Messieurs les Représentant(e)s des Organisations Internationales,
Cher(e)s Compatriotes Américains,
Cher (e)s invité(e)s,
En vos rangs et qualité,

Je voudrais vous remercier d’être venus ce soir, célébrer avec nous le 241ème anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique.  En effet, la signature de cette déclaration par le Second Congrès continental le 4 juillet 1776 est l’étape la mieux connue de toutes celles qui ont marqué la naissance de la nouvelle nation.  Son affirmation selon laquelle «tous les hommes (et femmes) naissent égaux» et jouissent de «droits inaliénables» en l’occurrence, le droit à «la vie, la liberté et la poursuite du bonheur» est souvent considéré comme le principe fondateur de notre pays.

Le respect de ces concepts demande de grands efforts.  En tant que nation, nous nous sommes à certains moments brillamment illustrés, mais à d’autres, un peu moins.  Mais tout au long de notre histoire, il est évident que nous avons été plus forts lorsque nous avons agi comme une nation, une et indivisible ; créant ainsi, comme le dirait les ivoiriens, une harmonie « N’zassa. »

Au début, il faut en convenir, à la signature de la Déclaration, nous n’étions pas vraiment une nation.  Il nous a fallu onze ans de plus de tractations acharnées, pour finaliser notre constitution.  Cet acte a consacré une union entre partenaires aux intérêts, dès le départ, divergents.

C’est pourquoi, au cœur de cette présente célébration, nous magnifions les vertus de «la force dans la diversité et le partenariat».  Ma conviction est que notre force réside dans la vigueur et la résilience de notre toile de partenariat aussi bien en interne qu’à travers le monde entier.

Nous ne nous lasserons jamais de rappeler que nous sommes une communauté d’immigrants aux États-Unis.  La culture Américaine est unique mais elle est la somme de plusieurs traditions culturelles d’origines diverses.  Vous en aurez une parfaite illustration à travers les mets concoctés pour vous ce soir.  Je suis sûr que nombreux seront ceux qui vont retrouver leur pays et leurs traditions culinaires dans ces délices, car chacun de vos pays constitue un bout des États-Unis d’Amérique à travers notre diversité, notre richesse.

Il convient par ailleurs de noter que, tout comme la cuisine, la musique que vous écoutez ce soir est du jazz joué par certains des meilleurs musiciens de Côte d’Ivoire.  Le jazz, comme vous le savez, est né en Amérique mais a emprunté fortement à l’expérience africaine et à d’autres traditions dans le monde entier.  Les musiciens de jazz tirent, pour ainsi dire, leur force de leur diversité et créent une expérience musicale unique à travers ce partenariat.

En outre, si nous nous en tenons au diaporama et aux images que nous présentons ce soir, je ne pense pas qu’il soit exagéré de dire que nos pays ont été fondamentalement renforcés par le partenariat que nous avons établi entre nous.  Pour bien illustrer ce fait, les africains, avec leur légendaire sagesse, diraient à travers ce proverbe, «si vous voulez aller vite, allez seuls; si vous voulez aller loin, allez ensemble».

Bien entendu, le partenariat et l’appréciation de la diversité ne sont pas choses aisées.  Franklin D. Roosevelt, le 32ème président des États-Unis a relevé lors de son deuxième discours d’investiture que, et je cite: «dans tout pays il existe toujours des forces à l’œuvre qui divisent les hommes et des forces qui les réunissent.  Dans nos propres ambitions, nous sommes individualistes.  Mais dans notre recherche du progrès économique et politique, nous évoluons tous vers le haut ou nous plongeons tous vers le bas, en tant que nation».

Trouver la force dans notre diversité a été la source et l’indicateur de réussite pour les États-Unis.  Mais en même temps, on constate que la démocratie de l’Amérique est un travail en progrès.  Il faut être réaliste, et comme l’a dit si justement l’écrivain et humoriste américain Mark Twain, «l’amélioration continue est mieux que la perfection remise à plus tard».

Notre partenariat avec la Côte d’Ivoire ne déroge pas à ces principes, loin s’en faut.  Sachez chers amis invités, que nous nous tenons à vos côtés, dans tous les défis auxquels vous ferez face dans la quête du bonheur pour le peuple ivoirien.  Comme le dirait l’ivoirien lambda : « On est ensemble ! ».

C’est pourquoi, dans le but de promouvoir le renouvellement après une longue période de crise et d’instabilité, le peuple américain à travers des actions concrètes sur le terrain a partagé son expérience avec le peuple ivoirien.

Nous avons fourni un appui, entre autre, à la réconciliation et au dialogue politique ; la reconstruction des institutions de bonne gouvernance telles que l’Assemblée nationale, la Commission électorale indépendante, et le système judiciaire.  Nous sommes aussi avec vous à travers les échanges que nous favorisons entre nos peuples, à travers soit « le Mandela Washington Fellowship », où les meilleurs jeunes leaders ivoiriens passent six semaines aux États-Unis, soit des programmes par lesquels nous faisons venir des universitaires, des danseurs et des musiciens dans ce pays.  Ces échanges nous enrichissent mutuellement en tant que peuple et nous aident à reconnaitre la vérité contenue dans un proverbe Akan qui dit que «la sagesse est comme un baobab; une seule personne ne peut l’embrasser».

Et par-delà tout, nous nous sommes joints aux efforts du gouvernement ainsi que ceux d’autres partenaires internationaux dans l’investissement dans les secteurs de la santé et de l’éducation afin que le peuple ivoirien puisse réaliser le plein potentiel de ce magnifique pays.

Et nous comprenons et apprécions tous les défis liés à la sécurisation de toutes les communautés vivant en Côte d’Ivoire.  Comme vous le savez, la Mission des nations unies en Côte d’Ivoire a pris fin le mois dernier ; en même temps que nous saluons le grand succès que fut cette mission, nous savons aussi que la réforme du secteur de la sécurité est une tâche de longue haleine qui demande encore plus d’attention et d’efforts de notre part à tous.

L’élimination du terrorisme, du crime, et de la violence requiert la coopération entre les populations et les agents en charge de la sécurité partout et à tous les niveaux.  Que ce soit dans les campagnes, les villes, et au plan international, nous devons tous être engagés dans cette lutte.  Car comme le dirait un proverbe Malinké de Côte d’Ivoire, « la fine pluie du matin n’épargne personne dans le village. »  C’est pourquoi nous sommes à vos côtés.

Et nous sommes avec vous à mesure que nous cherchons à prendre part à l’émergence économique de la Côte d’Ivoire, en investissant dans le développement de nouvelles opportunités offertes par une économie plus diversifiée, et la levée des obstacles à une croissance économique plus rapide qui bénéficie à tous les ivoiriens.  C’est un ouvrage à la fois publique et privée.  Nous sommes très satisfaits qu’un certain nombre d’entreprises américaines participant à cette reprise économique aient pu se joindre à nous ce soir.  Je voudrais particulièrement remercier celles qui ont pu apporter leur contribution et rendre cette célébration possible; je veux citer Anadarko, General Electric, Jighi, Citibank, Belife, ADM, Visa, et Coca Cola.

Pour conclure mon propos, je voudrais citer le créateur de la série télévisée et cinématographique américaine, Star Trek, qui est une obsession de mes enfants.  Le créateur de Star Trek, Gene Roddenberry, a envoyé ses personnages dans des contrées de l’espace où personne n’avait jamais été auparavant.  Il a une fois observé que «si l’homme doit survivre, il aura appris à prendre plaisir dans les différences essentielles entre les hommes et entre les cultures.  Il apprendra que les différences dans les idées et les opinions sont une joie et un régal, une partie de la variété passionnante de la vie, et non quelque chose à craindre».

Encore une fois, merci à tous de vous être joint à nous pour la célébration de ce soir.